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Un blog, pour quoi faire ?

Pourquoi donc un tel blog, me direz-vous ? Car les blogs et autres pages Facebook commentant la vie culturelle ou musicale ne manquent guère, sur les chemins de l’Internet. 

A l’origine, il y a eu la recommandation ferme et classique de celui qui m’a aidé à construire ce site : « Il faut qu’il y ait d’autres raisons de visiter ce site que le simple besoin d’obtenir des informations sur l’activité de Musiques & Publics ».  Cette suggestion m’avait alors paru peu motivante…

Et puis peu à peu, l’envie de parler a fait son chemin. Notamment parce qu’après plusieurs décennies passées sous le joug de divers devoirs de réserve, l’opportunité de pouvoir m’exprimer comme je le souhaite, sur des sujets librement choisis, m’a simplement fait envie.

J’ai donc, le cœur en joie, décidé de rejoindre la troupe des blogueurs !

Si ce n’est que, peu après, il a fallu commencer à écrire… et à envisager de le faire régulièrement, mois après mois. Douloureuse réalité que celle de la page blanche, quand bien même elle a le teint blafard d’un écran d’ordinateur.

J’avais tout de même quelques ressources par devers moi. Car bien souvent, au cours de mes années de « service actif » au sein de la vie musicale, il m’a fallu prendre la plume. C’était parfois pour mettre bout à bout les quelques phrases requises par le discours d’un ou d’une ministre, d’un président ou vice-président de conseil régional, ou à d’autres moments, rendues nécessaires par le propos à venir de l’un ou l’autre président d’une société nationale bien connue. Ce fut moins fréquent lorsque je travaillais au sein du secteur privé, car on y cause nettement moins, que ce soit à Paris, New York ou Londres !

Dans cette fonction de plumitif, j’ai parfois pu, malgré les lois du genre et un peu subrepticement, faire passer autre chose qu’une pensée attendue, ou des propos convenus. C’était généralement lorsque les conseillers de l’orateur avaient relu un peu trop vite le projet que j’avais rédigé.

L’effet produit pouvait alors être assez saisissant, tant pour l’orateur lui-même, que pour ceux qui l’écoutaient. Je me rappellerai ainsi toujours un discours ministériel qui n’avait guère bougé entre le moment où je l’avais écrit, et le moment où il fut prononcé, d’ailleurs avec une certaine véhémence ; j’avais un bon interprète ce jour-là. Mais le résultat fut que, même si l’un comme les autres percevaient probablement assez bien la légitimité du propos, ni l’un ni les autres n’avaient vraiment envie d’entendre cela.

Je suis également devenu un assez bon spécialiste d’autres exercices d’écriture, allant de la note adressée à un directeur ou à une directrice d’administration centrale, à l’élaboration en quelques nuits de dossiers de presse à visée essentiellement politique, en passant par des textes de présentation de saison parfois moins destinés à la lecture du public, qu’à celle des financeurs ou tutelles de ladite saison.

Qu’on se rassure toutefois : il m’a été donné de réaliser certaines choses durant ma période active dans la vie musicale. Mais au bout du compte plus par l’action, que par l’écrit. Comme si l’exercice de l’écrit conférait finalement plus de liberté aux commentateurs, qu’à ceux qui, en contrepoint de cet exercice d’écriture, doivent aussi agir et produire.

Dans la posture un peu différente qui est la mienne aujourd’hui, je vois déjà la possibilité non seulement d’analyser et commenter les petits et les grands sujets de la vie musicale, mais aussi, plaisir suprême, de commenter les commentaires... Journalistes, critiques et autres rédacteurs en chef, tenez-vous prêts : je ne vous lâcherai plus !

Plus sérieusement, je vais tenter de tirer d’années passées à œuvrer au sein de différents secteurs de la vie musicale, ce qui pourrait, sait-on jamais, se révéler utile de partager, aux fins de prolonger une réflexion, d’approfondir une problématique, voire parfois de modifier une trajectoire.

Il s’agit, j’en ai bien conscience, d’une démarche qui n’est guère différente de celle du lancer de « bouteilles à la mer », la mer de l’Internet dont on sait qu’elle est très agitée et déjà trop prolixe. Mais allons-y, prenons-en tout de même le risque…

Pascal Dumay
Musiques & Publics


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